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Par Johnnyguitar le 21/10/2005
FX Story : le Delay
Petite histoire du Delay
Utilisé pour réaliser des rythmiques complexes, pour redonner du naturel à une prise de son sans ambiance ou pour grossir le son d'un instrument, le delay est l'effet de base par excellence. Un incontournable qui mérite bien qu'on s'attarde sur son histoire…

ECHO, écho, e..o

Le delay est un effet qui reproduit un phénomène acoustique naturel que tout le monde a déjà expérimenté : l'écho. Si vous beuglez "AudioFanzine" face aux Alpes, vous entendrez les montagnes vous répondre "AudioFanzine… AudioFanzine… AudioFanzine… dioFanzine… FanZine… Zine…".

D'où vient cette répétition ? Des multiples rebonds de l'onde sonore que vous produisez et qui vous reviennent aux oreilles, à chaque fois un peu plus atténués et filtrés (lorsqu'elle rentre en contact avec de la matière, une onde est en partie absorbée par cette dernière et perd en intensité…).

Sans aller jusqu'au Mont-blanc, ces phénomènes sont systématiquement liés à la diffusion d'un son : dans votre salon, dans votre salle de bain ou dans une cathédrale, l'émission d'un son provoquera ainsi de multiples réflexions qui, lorsqu'elles sont distinctes, sont appelées Echos et qui, lorsqu'elles le sont moins, sont appelées Réverbérations.

Du coup, on pourrait dire, pour faire simple, qu'écho et réverb, dans la nature, participent du même phénomène. Une réverb ne serait finalement qu'un écho plus complexe et on les désigne souvent d'ailleurs sous le nom d'effets de spatialisation.

Réverb ou Delay ?

Même si la différence entre les deux effets saute aux tympans, leur capacité à spatialiser un son rend la question pertinente. En effet, bien qu'offrant une spatialisation plus réaliste et aboutie du son que le delay, la réverb, avec ses réflexions complexes, est souvent difficilement maîtrisable au sein d'un mix : si l'on n'y prend garde, les queues de réverb gênent la bonne intelligence des sons et engluent le mix. De son côté, les quelques réflexions reproduites par le delay permettent souvent de donner juste ce qu'il faut d'espace aux sons pour les rendre crédibles sans ajouter de matière superflue. A méditer avant de dégainer son processeur à convolution, surtout lorsqu'il s'agit d'attaquer un mixage chargé…

Pourquoi spatialisation ? Simplement parce qu'entre autres stimuli, ce sont les réflexions que produit un son dans un environnement qui permettent à notre cerveau de se faire une idée du volume du lieu. Sachant cela et sachant que ces phénomènes de réverbération/écho sont omniprésents dans la nature (à moins de vous trouver dans une chambre anéchoïque, justement conçue pour produire le moins de réflexions possibles), on comprendra facilement qu'un instrument ou une voix, pour sonner "naturel", se doivent d'être enregistrés avec les multiples réflexions qu'ils ont engendrées dans le lieu où ils ont été enregistrés.

On s'est d'ailleurs aperçu très tôt que des enregistrements ne comportant pas d'ambiance naturelle paraissaient étranges, sans vie. Et pour y remédier, on s'est mis en quête d'un moyen de reproduire les réflexions produites par le son lors de sa diffusion. Si les processeurs de réverb, bien plus complexes à réaliser, ne viendront que beaucoup plus tard, l'écho fait ainsi son apparition sous une forme "électronique" dans les enregistrements discographiques des années 50.

Avant cela, les grands studios d'enregistrement comportaient une chambre d'écho, au sens propre du terme. En effet, d'un côté d'une pièce vide dédiée à cette utilisation, était disposé un haut-parleur et de l'autre un micro ce qui permettait d'ajouter l'ambiance de la pièce à un enregistrement ! Au début des 50's, on attribue à Sam Philipps, PDG et producteur de Sun Records, l'invention de l'écho slapback, c'est à dire un écho très court à une seule répétition, indissociable de beaucoup d'enregistrements d'Elvis Presley, et à jamais attaché aux genres Rock'n'roll et Rockabilly.

Sam Philips, Elvis & Scotty Moore...

Sam Philipps créait cet écho en utilisant deux magnétophones à bandes. L'astuce pour créer un écho simple avec des magnétophones à bande est de faire fonctionner en même temps et sur la même bande une tête d'enregistrement et une tête de lecture. Ainsi, la tête de lecture lit avec un retard court ("delay" en Anglais) le signal qui vient d'être enregistré.

Le deuxième magnétophone est utilisé pour enregistrer le signal "sec" et le signal retardé, le tout passant par une table de mixage. Pour la petite histoire, le guitariste d'Elvis, Scotty Moore, s'est ensuite fait construire un ampli avec un écho slapback à bande intégré, ampli construit par un électronicien de génie de l'époque, Ray Butts.